Interview de Rob MacIntosh

Interview de Rob MacIntosh

Medeya Lemdiya : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Rob Macintosh : Mon nom est Rob MacIntosh. Je suis artiste professionnel depuis 1980. J’ai toujours aimé dessiner et après m’être fait la main en tant que graphiste pendant quelques années j’ai trouvé mon bonheur dans la peinture. J’ai toujours pensé que si vous aimez ce que vous faites, vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie. J’adore ce que je fais, la peinture.

Medeya : Pratiquez-vous la peinture comme un loisir ou en tant que professionnel ?
Rob Macintosh : J’ai commencé la peinture comme passe-temps, mais mes ventes dans l'art dépassaient les revenus provenant de mon entreprise. C’était le signe que je pouvais gagner de l’argent en faisant ce que j’aimais ce qui est essentiel dans une vie. De ce fait, en 1980, je suis devenu artiste professionnel.

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Medeya : Quel a été le parcours professionnel et artistique qui vous a forgé en tant qu’artiste ?
Rob Macintosh : Être un artiste, c’est avoir des hauts et des bas ce qui ressemble beaucoup à la vie. Les hauts m’ont donné le courage de poursuivre ma carrière. A un moment de ma carrière d’artiste, j’ai été mis dans une boîte, étiqueté « artiste de la faune ». Il m’a fallu beaucoup de courage et de détermination pour sortir de cette boîte. Je suis un artiste qui arrive à peindre la faune, donc, aujourd'hui, je peux aisément faire dire à ma peinture ce que je veux.
J’aime peindre tous les paysages, paysages marins, paysages urbains et la faune. Je ne m’ennuie jamais et j’aime le défi et la diversité que représente chaque nouveau tableau.

Blowing cold

Medeya : Pourquoi avoir choisi la peinture comme mode d’expression plutôt qu’un autre ? Quel a été le déclic ?
Rob Macintosh : J’ai toujours aimé le dessin. Mon père était un artiste du dimanche. Cela m’a parut naturel de suivre cette voie. Il a été mon guide pour l’utilisation des couleurs et des pinceaux et j’ai adoré cela.

Medeya : Votre vie et ses étapes influencent-t-elles votre art et de quelle manière ?
Rob Macintosh : Ma vie a connu des hauts et des bas, J’ai eu une belle vie.
J’ai vécu sur une péniche pendant deux années. Ce fut le meilleur moment de ma vie.
J’ai vécu dans une cabane en rondins dans les montagnes.
J’ai vécu en Afrique du Sud.
Maintenant, je suis installé en Amérique et j’aime à dire que j’y suis chez moi..
J’ai aimé chaque étape du chemin. Cela a-t-il influencé mon art ? Certainement. Cela m'a inspiré pour peindre différentes parties du monde dans lesquelles j’ai vécu et dont j’ai tellement aimé la variété des paysages. J’ai toujours cherché à m’améliorer, et à voir le monde à travers les yeux d'un artiste pour le capturer et le mettre sur la toile.

Chevy drive on Route 66

Medeya : Comment définiriez-vous votre travail artistique ? Que dites-vous de vos œuvres à quelqu’un qui ne sait pas ce que c’est qu’une œuvre de Rob Macintosh?
Rob Macintosh : Je suis photo réaliste. J’aime peindre avec détails et précision. Je peins comme je vois. Je créé une chose réelle à partir d’une illusion. Je n’ai pas toujours été photo réaliste mais j’ai toujours été doué. Au fil des ans, j’ai développé mon style et j’ai basculé directement dans ce que l’on nomme le photoréalisme. C’est exactement de cette façon là que j’aime peindre.

Coyot deadwood prowler

Medeya : Vous explorer une belle variété de sujets : les montagnes, les déserts, les mers ou les paysages architecturaux et urbains ... Quelle est votre sujet préféré?
Rob Macintosh : En peinture, j’aime tout faire. Chaque nouvelle peinture est un nouveau défi et j’adore ça. La joie d'être capable de peindre quelque chose, d'aller d’un sujet à un autre…C’est ce que je fais de mieux. Je pense que le sujet architectural est l’un de mes préférés car j’adore le travail du détail. J’ai toujours hâte de débuter le prochain projet … quel qu’il soit. Comme un gamin avec un nouveau jouet.

Early start Beaufort West

Medeya : Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est le photoréalisme et l’hyperréalisme et ce qui les différencie des autres genres picturaux?
Rob Macintosh : L’hyperréalisme est un genre pictural qui vise à ressembler à des photographies de haute résolution. alors que dans mon photoréalisme un grand nombre de coups de pinceau donnent l’illusion de ressembler à une photographie. Je n’ai suivi aucune sorte de formation. Je suis parti de zéro et suis totalement autodidacte. Donc, je considère que je peins dans un style photo réaliste.

Medeya : Pourquoi ces choix de sujet, de technique, de style ?
Rob Macintosh : Quant au choix du sujet .... Je suis chanceux d'avoir autant de choix. Ce que je veux faire, je peux le faire. J’ai développé ma technique et mon style au cours des 33 dernières années. Je suis à un moment dans ma carrière où je ne souhaite rien changer. Je veux juste essayer de toujours m’améliorer et surtout d’être admiré par mes pairs. C’est toujours le plus grand des honneurs.

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Medeya : Qu’est ce qui, de façon générale influence votre peinture (peintre, cinéma, musique, auteur…) ?
Rob Macintosh : Mon art, au fil des ans, a manifestement été influencé par d'autres grands artistes. Mon premier mentor a été un artiste appelé Dino Paravano. Il était de 15 ans mon aîné et nous sommes devenus de très bons amis. Nous le sommes toujours. Il a un style très différent du mien, mais j’ai aimé la lumière dans ses tableaux et je savais que c’était ce que je voulais faire transparaître dans mon art. Une fois avoir développé mon style photo réaliste, j’ai observé les autres artistes. Mon préféré de tous les temps dans le style photo-réaliste est appelé Richard Estes. Un autre artiste que je trouve excellent est Tony D 'Amico. Ceux sont des maîtres absolus dans leur domaine.

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Medeya : Quel est le point de départ d’un tableau, la genèse d’une œuvre (un schéma, une image, le hasard, l’imagination seule, un peu de tout ça…) ?
Rob Macintosh : Le point de départ de mes peintures est une bonne photo. Je fais alors une esquisse puis très vite et surtout un dessin détaillé. Pour moi, un bon dessin est une bonne base pour une grande peinture …

Medeya : Avec quel peintre d’hier auriez-vous aimez vous entretenir ? Et pourquoi ?
Rob Macintosh : J’aimerais rencontrer Tony D'Amico et Richard Estes, m’asseoir avec eux et les regarder peindre. On n’en sait jamais assez. Pour moi, ce serait le point culminant de ma vie.

Medeya : Et parmi vos contemporains ?
Rob Macintosh : L'artiste contemporain que j’admire, je l’ai rencontré et c’est Dino Paravano. Je me suis assis avec lui, entouré de chats, et nous avons parlé d’art. J’ai aimé cet instant.

Prescott Arizona

Medeya : Pouvez-vous nous citer un tableau que vous rêveriez de voir en vrai ?
Rob Macintosh : Ils sont trop nombreux pour n’en citer qu'un. Je suppose que j’aimerais visiter la France et aller au Louvre pour profiter et admirer toutes ces œuvres d’artistes étonnants réunies en un seul endroit.

Medeya : Selon vous, à partir de quel moment un peintre, un photographe, un musicien… devient un artiste ?
Rob Macintosh : Si vous aimez ce que vous faites, quoique vous fassiez, je pense que l’on peut vous appeler « artiste ». Ce qui rend cette notion réelle c’est lorsque vous commencez à vendre votre travail, que les gens commencent à admirer votre art et à reconnaître votre nom. Alors, vous savez que vous êtes un véritable artiste.

Sabino Canyon

Medeya : Quelle est l’exposition d’un autre artiste qui vous a le plus marqué ?
Rob Macintosh : Dans les années 70, alors que je revenais d’Afrique du Sud, je suis allé à une exposition d’art d'un artiste qui faisait une démonstration en exclusivité dans une galerie à Johannesburg. L'artiste Dino Paravano. Les gens faisaient la queue depuis le coin de la rue pour y accéder. Les billets se vendaient de partout. On pouvait se croire à une vente flash aux soldes. L'enthousiasme et l'ambiance qui régnait parmi les spectateurs ont fait de ce spectacle une expérience passionnante. En tant que jeune artiste je ne pouvais que rêver de cela. Et je l’ai fait.

Sunset Seranade

Medeya : Quel est votre plus fort souvenir d’exposition personnelle et pourquoi ?
Rob Macintosh : J’ai participé à une exposition spectacle dans une galerie à Las Vegas au Caesar Palace. C’était super excitant. Des flambeurs venaient et ne reculaient pas à la dépense. De nombreux billets se sont vendus. C’était mon heure. Quel moment ! Juste avant l'heure de la fermeture, une foule de gens est arrivée dans la galerie. C’était le Sultan de Brunei. En quelques minutes, il a dépensé environ $ 300,000.00 en art dont quelques unes de mes toiles. Tout devait être emballé et livré dans l'heure à sa maison de Las Vegas car son jet partait pour Brunei et toutes les œuvres d’art devaient partir avec lui. Je n’oublierai jamais la nuit de cette exposition.

Medeya : Artistiquement parlant, il y a-t-il un rêve que vous n’avez pas encore réalisé ?
Rob Macintosh : A chaque année son nouveau rêve et avoir du succès en tant qu'artiste reste sur le haut de ma liste.

Weithering heights

Medeya : Quelle est votre actualité artistique ? Quels sont vos projets artistiques ?
Rob Macintosh : Être de retour dans les États d’Amérique après avoir vécu les 11 dernières années en Afrique du Sud a radicalement changé ma vie. La vie aux États-Unis est trépidante, intense et a beaucoup à offrir à un artiste pour l’aider à devenir connu. Il y a des compétitions, des expositions d'art, des sociétés qui offrent des expositions à l’infini. De quoi nous combler mais il faut savoir renoncer à certain pour ne pas devenir fou. J’ai la chance d'être dans de très grandes galeries à travers les États-Unis. Je reste très occupé à leur fournir des toiles. En plus de cela, il y a les commandes et les compagnies avec leurs expositions/show. Donc dans l'ensemble, je suis un artiste très occupé, mais j’adore ça. J’aime cette pression. Actuellement je suis occupé avec une peinture, une 6ème commande, pour une galerie ici à Tucson. Quand cela sera fait, j’ai une commande de 40 x 60 pour un client sud africain .En suivant ce sera la préparation d’un spectacle en Août pour la Société des Artistes animaux. J’y ai été membre pendant 25 ans. Avec eux, j’ai gagné mon premier prix du mérite de l'excellence. Un moment de grande fierté.

Yosemite winters day

Medeya : Pour se faire une idée de votre personnage de façon plus général, j’aime bien soumettre à nos artistes invités les questions un peu naïves du thème de l’ile déserte…
-Sur une île déserte vous emportez…
*Quel film ? J’aime les histoires d'amour, cela fait ressortir le romantique qui se cache en moi...
*Quel livre ? Une sélection de bons livres.
*Quelle musique ? De la musique country.
*Quel objet ? Une guitare.
*Lequel de vos tableaux ? Une toile que j’ai faite de mon bateau pour me rappeler les grands moments que nous avons partagés.

Medeya : Quel voyage aimeriez-vous encore faire ?
Rob Macintosh : Une croisière en Alaska car j’aimerais peindre ces paysages.

Medeya : Quelles étaient vos ambitions d’enfant pour votre vie d’adulte ?
Rob Macintosh : Je voulais être un musicien. Mon premier amour c’était la guitare. Mais l'art a obtenu le meilleur de moi.

Merci beaucoup Rob !
Retrouvez Rob MacIntosh sur son Site et sa page Facebook

Dernière modification : 11 juil. 2016