Interview de Olivier Lamboray

Interview de Olivier Lamboray

RankArt : Pouvez-vous vous présenter en quelques mots à nos lecteurs ?
Olivier Lamboray : Je m’appelle Olivier Lamboray je suis peintre surréaliste Belge né en 1968.

RankArt : Pratiquez-vous la peinture pour votre loisir ou en tant que professionnel ?
Olivier Lamboray : Je peins tous les jours, c’est ma profession, une nécessité à mon équilibre.

RankArt : Quel a été le parcours professionnel et/ou artistique qui vous a forgé en tant qu’artiste ?
Olivier Lamboray : D ‘éducation classique j’ai été orienté dans les sciences, malgré mon désir de devenir clown et ce depuis tout petit. Je fais des études de mathématique à l’université et me dirige vers la création publicitaire à l’âge de 22 ans. Où je découvre la peinture grâce à une amie. Le pied à l’étrier, j’aime le coté libre de créer et de délirer, chose que je trouvais difficilement possible en pub. Je laisse tomber la pub deux ans plus tard et me concentre sur le peinture uniquement, le début d’un long chemin et d’une grande aventure.


RankArt : Pourquoi avoir choisi la peinture comme mode d’expression plutôt qu’un autre ? Quel a été le déclic ?  
Olivier Lamboray : Des pinceaux sont tombés dans mes mains, la machine s’est mise en route. C’est un médium qui me convient très bien, j’y trouve une structure nécessaire et une liberté sans limite. J’ai fait quelques sculptures sur bois et le grain, la direction de la fibre, la densité du bois dirigent le ciseau plus que la main, c’est une expérience enrichissante qui utilise une toute autre région du cerveau et une autre approche, car on élimine ce qui enveloppe le résultat final, alors qu’en peinture on construit à partir de rien ( un rien physique bien sûr à part la toile blanche, car on part d’idées, de notions de couleurs, de visions, d’émotions ..)
J’écris pas mal de poèmes, je m’y sens bien pour exprimer des émotions plus personnelles mais c’est en toute modestie et mes poèmes restent dans mes cahiers. Mettons le comme ça , quand tout va bien je peins, quand ça ne va pas j’écris des poèmes.


RankArt : Votre vie et ses étapes influencent-t-elles votre art et de quelle manière ?
Olivier Lamboray : Il est évident que chaque étape de ma vie influence mon art, que ce soit mon éducation classique, les expos et musées que j’ai visité étant plus jeune, que ce soit la période où j’ai vécu sur une île quasi déserte, la naissance et présence de ma fille ou ciel bleu des tropiques qui m’entoure depuis plus de vingt ans. Tout fait partie de moi et forme à sa façon mon être, ma façon de voir la vie, la façon de la percevoir et de l’exprimer.


RankArt : Comment définiriez-vous votre travail artistique ? Que dites-vous de vos œuvres à quelqu’un qui n’a jamais vu une de vos œuvres ?
Olivier Lamboray : Mon travail est avant tout, je pense, une recherche personnelle, chaque toile ma rapproche de l’essence de mon être, qui je suis vraiment, enfuis au fond de moi, on épluche, on creuse on expérimente, on découvre, on se découvre, ce qu’on aime et ce qu’on aime moins. C’est une sorte d’auto-psychanalyse. Le travail d’une vie, et c’est pour cela que je peindrai jusqu’à mon dernier jour, un besoin, de compréhension, de savoir, de découvrir, de ne pas rester là à se poser des questions mais plutôt à rechercher des réponses. C’est un message d’amour, de positivité, de joies, d’amour de la Vie, c’est je pense mon cœur qui s’exprime, plus que mon esprit. Un jeu d’enfant qui se balance entre l’innocence et les règles qui régissent notre univers ( du moins ce que nous en percevons, ou croyons en percevoir). C’est comme si on construisait un monde sans mode d’emploi, on a les éléments mais on les dispose comme on veut.  C’est avant tout un univers de liberté. Comme un océan de portes, où l’on pousse celles qu’on veut. Chaque porte que l’on ouvre, propose d’autres portes. Des choix profonds. Des essais. Des découvertes.
Pour ceux qui ne connaissent pas le surréalisme, je leur dis que je peins des rêves, où je suis libre de peindre un ciel vert et une mer rose, que mes animaux sont bleus, et que l’architecture est fort présente dans mes toiles. De la non-limitation aux concepts que nous avons. Je leur parle de transparence et d’ouverture dans le monde entre réalité et illusion, d’une approche plus approfondie du temps dans l’espace, d’impermanence et d’éternité. Je leur parle de positivité, d’amour, de romance, du respect des animaux, de leur valeur, de la valeur de la vie et de la grandeur de l’univers.


RankArt : Pourquoi ces choix de sujet, de technique, de style ?
Olivier Lamboray : L’acrylique me convient bien, car ayant beaucoup voyagé, je pouvais rouler ma toile, faire un bout de chemin, la dérouler et continuer à peindre, chose beaucoup compliquée avec de l’huile. Le surréalisme est très présent dans la culture belge et j’ai toujours été baigné dans des œuvres de Pierre Bogart ou de Paul Delvaux. Influence incontestablement ancrée en moi. J’y trouve la liberté nécessaire à l’expression de mon art.
Mes sujets partent très souvent sur une base architecturale, j’aime ce décor, cet art de construire, la liberté et créativité, l’harmonie, la maîtrise des volumes et des proportions. L’architecture me parle beaucoup et j’aime la mettre en évidence.


RankArt : Qu’est ce qui, de façon générale influence votre peinture (peintre, cinéma, musique, auteur…) ?
Olivier Lamboray : J’évite au possible toute influence extérieure pour vraiment faire un chemin intérieur et découvrir ce qui résonne en moi, la racine de mes émotions et de mes pensées, le jeu. Je ne vais plus voir de musée ou d’exposition depuis bien longtemps, je trouve qu’on y voit des choses fantastiques et que cela me dévie de mon chemin personnel. L’architecture, je dirais, est la base sur laquelle je pose mon imagination. Créer une histoire, une vie cachée, imaginaire dans un bâtiment présent. Que se cache t il derrière ces murs, que s’y est il passé ?


RankArt : Quel est le point de départ d’un tableau, la genèse d’une œuvre (un schéma, une image, le hasard, l’imagination seule, un peu de tout ça…) ?
Olivier Lamboray : Tout commence avec une toile blanche, et je trouve cela très excitant, d’avoir à portée de main des millions de possibilité et de s’y lancer, sans toujours savoir où cela mènera. Puis apparaissent un décor, une gare, une maison, une façade.. Je pars avec quelques idées de base, vis à vis de l’histoire...ensuite la magie opère, à un certain moment dans l’évolution de la toile, et la toile prend le dessus, elle me dit de mettre un cheval là, ou une vache à la place du chien que je comptais mettre, elle pose elle même les éléments de l’histoire, à mon grand enchantement de pouvoir découvrir ce qu’il s’y passe, ce qu’il s’y est passé. Une fois la toile signée, je dois prendre du recul pour m’imprégner de ce qui s’y passe et comprendre ce que j’y lis, une interprétation, personnelle du message exprimé. Avec les années qui passent j’ai l’impression de me rapprocher de l’idée de base quand je signe ma toile, mais j’aime garder ce coté imprévisible, inconnu, secret, ce vent qui souffle dans mon oreille ces éléments précis qui peaufineront l’interprétation que j’aurais du message. Une grandeur supérieure, une énigme mais aussi une certitude.


RankArt : Selon vous, à partir de quel moment un peintre, un photographe, un musicien… devient un artiste ?
Olivier Lamboray : Je pense que l’on devient artiste à partir du moment où on y met son cœur et on y travaille pour évoluer...

RankArt : Quelle est l’exposition d’un autre artiste qui vous a le plus marqué ?
Olivier Lamboray : Musée d’Orsay, MOMA NY, mais surtout plus que tout, la rétrospective de l’œuvre de Bram Bogart, où l’on voyait vraiment de décennie en décennie une évolution phénoménale dans la forme. On y voyait l’artiste partir de paysages flamands traditionnels et y grossir des coups de pinceaux/couteaux, on y voyait le dessin, la forme disparaître et de plus en plus apparaître les mélanges de couleurs, les associations. Au fur et à mesure, l’artiste est arrivé au centre même de son œuvre, de lui-même, la couleur pure, le pixel, grossi, agrandi, et cette touche de couleur à pris une grandeur plus forte, du volume, du sens, du mouvement… Absolument fantastique !
Une autre expo à Paris de Yves Klein, des grands formats de toiles bleues… incompréhensibles pour moi, une autre version de la vastité de l’art.


RankArt : Artistiquement parlant, y a-t-il un rêve que vous n’avez pas encore réalisé ?
Olivier Lamboray : Un ? Ahahah non pas un, beaucoup. Je ne suis qu’à la base de mon travail et j’aimerais associer différentes grandeurs. Toujours améliorer la qualité, j’aimerais m’approcher de l’hyper-réalisme tout en gardant une expression encore plus surréaliste..J’ai encore beaucoup à apprendre en technique pure mais aussi continuer à travailler sur la forme, agrandir sa présence. Tout ça n’est qu’une question de temps, et quand le temps sera venu, à point, les clés me tomberont dans la main pour faire le pas. Chaque chose en son temps. Je suis en chemin, et c’est tout ce qui compte aujourd’hui.


RankArt : Quelle est votre actualité artistique ? Quels sont vos projets artistiques ?
Olivier Lamboray : J’expose en permanence à New York, quelques salons en France et une grosse exposition en Belgique dans mon village, beaucoup de souvenirs, beaucoup de belles choses, je prends beaucoup de plaisir à y travailler. J’ai commencé récemment avec des aquarelles et j’aime cette approche différente de la couleur, de sa fluidité. Beaucoup de projets, pas assez de temps.


RankArt : Pour se faire une idée de votre personnage de façon plus général, j’aime bien soumettre à nos artistes invités les questions un peu naïves du thème de l’île déserte…
-Sur une île déserte vous emportez…
            *Quel film ? Non, pas d’électricité, pas de T.V. , juste le spectacle des étoiles dans la nuit...
            *Quel livre ? Un livre blanc, pour y écrire mes pensées
            *Quelle musique ? Le son de la vague qui roule sur le sable,
            *Quel objet ? Un hamac
            *Lequel de vos tableaux ? De la toile blanche, des pinceaux et des couleurs.


RankArt : Quel voyage aimeriez-vous encore faire ?
Olivier Lamboray : Mon Dieu, tous !

RankArt : Quelles étaient vos ambitions d’enfant pour votre vie d’adulte ?
Olivier Lamboray : D’être clown et d’amuser le public. Je n’en suis pas loin je pense, je ne suis pas caché derrière un maquillage mais derrière une toile, je pense apporter beaucoup de plaisir et de positivité à travers mes œuvres, mon cirque est juste plus grand, le monde est trop beau que pour vivre sous un chapiteau ...

Merci Olivier !
Retrouvez Olivier Lamboray sur son site Web et sa Boutique en ligne.

Dernière modification : 27 avr. 2017