Interview de Beàta Virth

Interview de Beàta Virth

1er prix du jury
de l'exposition peinture de janvier 2015

Medeya : Pouvez-vous vous présenter en quelques mots à nos lecteurs ?
Beàta Virth : Mon nom est Beàta Virth, je suis d'origine hongroise, j'habite en France depuis 2007.
J`ai rencontré mon mari à Budapest, nous avons travaillé pour les mêmes productions de dessins animés. Il est français, c`est pour cela qu`après la naissance de notre fils, il a été décidé de s`installer ici à Albi près de ses parents. Il n’y a que quelques années que j'ai commencé à peindre, je participe à des expositions collectives depuis quatre ans dans notre région. Je débute depuis peu comme artiste peintre.

Le grand bleu

Medeya : Pratiquez-vous la peinture pour votre loisir ou en tant que professionnel ?
Beàta Virth : Pendant toute ma vie j'ai dessiné et peint. Quand j`étais enfant déjà, j`avais une certaine facilitée à retenir les cours d`arts graphiques. J'ai toujours aimé dessiner et peindre, alors à l`âge de 10 ans, j`ai commencé à prendre des leçons avec un artiste peintre local. À l'âge de 14 ans j'ai postulé dans un lycée spécialisé dans les arts, ensuite j`ai continué avec des études universitaires à la faculté des beaux-arts ce qui m’a permis d`être enseignant diplômé.

L'instant infini

Medeya : Quel a été le parcours professionnel et/ou artistique qui vous a forgé en tant qu’artiste ?
Beàta Virth : J'ai travaillé près de 20 ans pour des productions de dessins animés, dans différents domaines. C`est ce qui est devenu mon profil principal, mais j'ai aussi travaillé comme décoratrice d`intérieur et avec mon mari nous avons illustré des livres de contes.

Medeya : Pourquoi avoir choisi la peinture comme mode d’expression plutôt qu’un autre ? Quel a été le déclic ?
Beàta Virth : Quand j`étais jeune, les écoles d'art nous proposaient d'essayer différents domaines artistiques. Par exemple, la production de poterie et céramique, la sculpture a également été traitée. Ma réponse est simple: la peinture, c`est ce que je fais de mieux et c`est ce que j’aime le plus.

Relâchement

Medeya : Votre vie et ses étapes influencent-t-elles votre art et de quelle manière ?
Beàta Virth : Je pense que nos vies sont exposées à de constantes diverses impressions et impulsions. Ce sont des expériences qui interagissent toutes ensembles, comme si elles agissaient en nous, c`est ce qui m`incite à transmettre ces sentiments avec mon art. L'art est comme une impression, une empreinte de l`esprit.

Medeya : Comment définiriez-vous votre travail artistique ? Que dites-vous de vos œuvres à quelqu’un qui n’a jamais vu une de vos œuvres ?
Beàta Virth : Mes œuvres sont des essais personnels. Ce qui est le plus facile à déterminer c’est mon style: c`est de l`hyperréalisme. Les tableaux représentent le départ de la vie, des portraits de personnes, et aussi un regard axé sur la nature.

Rafraîchissement

Medeya : Vous utilisez l’huile, l’acrylique, l’aquarelle, l’encre… Quelles techniques préférez- vous ? Qu’est ce qui détermine le choix de la technique lorsque vous traiter un sujet ?
Beàta Virth : J'aime bien toutes les techniques, je n'ai pas vraiment de favoris. Chacune des techniques a sa propre expression de la beauté, sa spécificité. L’huile et l’acrylique pour la précision c'est particulièrement bien. Mais la liberté de jouer avec l'aquarelle ça aussi c`est très intéressant. Au cours des dernières semaines, j'ai pensé que je dessinerais avec plaisir avec des sanguines pour œuvre de grande taille. Devant le sujet c`est en imaginant mon travail fini, que le choix de la technique se fait automatiquement.

Ensemble

Medeya : Pourquoi ces choix de sujet ?
Beàta Virth : Les thèmes de mes tableaux font partie de ma vie, mon petit micro-monde. Ce sont ma famille, mes amis, les personnes qui m`impressionnent et la nature qui est proche de moi.

Medeya : Qu’est-ce qui, de façon générale influence votre peinture (peintre, cinéma, musique, auteur…) ?
Beàta Virth : Quand j`étais jeune, j`avais une vie très occupée. J`avais de nombreux amis qui étaient des artistes, j`allais à leurs concerts entre autre et aussi beaucoup de films et d`expositions diverses. Aujourd'hui avec l'aide d'internet je peux en apprendre d’avantage sur ce que nous sommes et c`est ouvert à tous. C’est difficile de mettre en évidence tout ce qui m`inspire, ma liste est trop longue.

Silence

Medeya : Quel est le point de départ d’un tableau, la genèse d’une œuvre (un schéma, une image, le hasard, l’imagination seule, un peu de tout ça) ?
Beàta Virth : Il est possible que je vois quelque chose "par hasard" et si je peux, je prends des photos. Mais il y a un cas où le modèle ou la situation m'inspire pour créer des images. Dans certains cas, j`utilise des épreuves d'autres photographes, parce qu`elles inspirent en moi le besoin d`en parler. Il me faut beaucoup d`images pour en choisir une finale. Pour commencer un tableau je décide d'abord de sa composition, c'est très important pour moi.

Espérance printanière

Medeya : Avec quel peintre d’hier auriez-vous aimez vous entretenir ? Et pourquoi ?
Beàta Virth : Je vais choisir deux artistes. Mon premier, un maître ancien c`est Rembrandt. J`aime beaucoup ses portraits, en particulier ses autoportraits. Il dépeint la réalité avec une incroyable compassion et sympathie. Son éclairage est très spécial, sa manière d`utiliser la lumière et l`ombre qui soulignent le caractère des ses modèles, le résultat en est tellement réel. Je dois également mentionner un autre nom, il s'appelle Istvàn Sàndorfi. Un peintre hongrois plus récent qui vivait à Paris. Malheureusement il est mort jeune en 2007. Je dois dire qu`il avait un très grand talent, il savait tout sur la peinture.

Panier de fruits

Medeya : Et parmi vos contemporains ?
Beàta Virth : J'avoue que j’ai découvert mon préféré sur Internet et tout de suite je suis devenue fan, c`est pour moi un plaisir de suivre son travail depuis ce jour là. Son nom est Alyssa Monks. J'adore son style, ses choix de sujets. Je vois une artiste peintre très sensible derrière ses œuvres.

Medeya : Pouvez-vous nous citer un tableau que vous rêveriez de voir en vrai ? Pourquoi ce tableau ?
Beàta Virth : Je suis toujours frappée d'étonnement quand je vois la façon dont l'artiste et le modèle se lient sur le tableau. C`est le cas pour moi pour le peintre russe Ivan Chichkine, il était le grand maître des œuvres traitant des paysages russes. Je me promènerais volontiers dans n'importe lequel de ses tableaux.

Un dessin

Medeya : Selon vous, à partir de quel moment un peintre, un photographe, un musicien… devient un artiste ?
Beàta Virth : J'ai rencontré de nombreux artistes avec diffèrent métier. Je pense que l`on devient un artiste quand on ne peut pas vivre sans ses créations. C`est quand il pratique sa matière et qu`il se sent à sa place, quand il se sent bien, très bien. C`est une manière d`être en contact avec “soi-même”. Et c`est un cas chanceux lorsque le lien se fait avec le public aussi, mais ce n`est pas nécessaire pour être un artiste. On peut être un artiste sans avoir du succès face au monde extérieur.

La rebelle

Medeya : Quelle est l’exposition d’un autre artiste qui vous a le plus marqué ?
Beàta Virth : En fait, c`est la première après avoir emménage à Albi en 2007. C'est alors que j`ai découvert que Toulouse-Lautrec est né dans cette ville et qu`il y avait un musée avec ses œuvres. Ce fut une merveille de découvrir ses ouvrages, là devant moi. En effet, c'était un grand bonheur.

Medeya : Quel est votre plus fort souvenir d’exposition personnelle et pourquoi ?
Beàta Virth : Malheureusement, j`ai dû mal à me référer parce que je n`ais pas encore eu d`exposition personnelle. Comme je l`ai dit précédemment j'ai commencé à réaliser mes peintures il n`y a que très peu de temps. J`espère dans l`avenir pour de telles occasions.

La vie en rose

Medeya : Artistiquement parlant, y a-t-il un rêve que vous n’avez pas encore réalisé ?
Beàta Virth : Mon rêve, c`est de pouvoir vivre de ce que j'aime faire à nouveau. Avant de venir en France, quand je vivais en Hongrie j'ai toujours travaillé pour quelqu’un. Commencer une nouvelle vie ici comme chômeur, ce n'était pas facile. Toutefois en raison de cette situation j`ai eu le temps qui m`a en quelques sorte permis de réaliser mon rêve, celui d`être une artiste peintre.

Medeya : Quelle est votre actualité artistique ? Quels sont vos projets artistiques ?
Beàta Virth : Je continue sur la voie de la peinture et j'ai toujours beaucoup d'idée pour de multiples sujets. Le plus grand projet que je voudrais réaliser est d`ouvrir une école de dessin et peinture classique. J'aime l`enseignement et je donnerais volontiers tout mon savoir dans un tel projet.

Lou

Medeya : Pour se faire une idée de votre personnage de façon plus général, j’aime bien soumettre à nos artistes invités les questions un peu naïves du thème de l’île déserte…
-Sur une île déserte vous emportez…
*Quel film ? Le voyage de Chihiro de Hayao Myazaki
*Quel livre ? Le lion rouge de Mària Szepes
*Quelle musique ? Buena Vista Social Club
*Quel objet ? Un crayon
*Lequel de vos tableaux ? "Tout simplement". Pour regarder ce sourire et me rappeler que dans les situations difficiles il faut trouver la joie.

Tout simplement

Medeya : Quel voyage aimeriez-vous encore faire ?
Beàta Virth : C'est un voyage intérieur et extérieur, que permet la marche du chemin de Saint-Jacques de Compostelle.

Medeya : Quelles étaient vos ambitions d’enfant pour votre vie d’adulte ?
Beàta Virth : Il parait que d`après ce que m`a raconté ma mère, à 3 ans j'avais l`ambition d’être une chanteuse, et pour ça j'ai donné des spectacles sur les tables. C'est vrai que j'ai toujours été attirée vers la musique, pendant un certain temps j`ai chanté dans un groupe. Mais je me souviens exactement que quand j'étais petite, à peu près vers 6-7 ans, "le père Noël" m’a offert un album de Picasso et j`y étais très attachée. J'avais copié plusieurs images, cela m`a beaucoup plu, j`ai adoré faire ça et c`est alors que j`ai décidé que je voudrais dessiner et peindre dans tout ma vie.

Merci Beàta !
Retrouvez Beàta Virth sur son Site et sur son Blog.

Dernière modification : 11 juil. 2016