Interview with Alexis Le Borgne

Interview with Alexis Le Borgne

RankArt : Pouvez-vous vous présenter en quelques mots à nos lecteurs ?
Alexis Le Borgne : Je m’appelle Alexis Le Borgne, 23 ans, situé en Bretagne dans le 22. J’ai commencé activement la peinture fin 2010 avec la découverte de l’aquarelle, puis se sont ajoutés au fil des années le pastel sec, l’huile, l’acrylique et le numérique. Depuis je participe à de nombreux salons, expositions et concours à différentes échelles. J’ai eu la grande chance d’être récompensé pour mon travail dans de nombreux d’entre eux. Mes piliers sont avant tout la passion, le travail, les rencontres le partage, la découverte, l’humilité et la remise en cause permanente.

RankArt : Pratiquez vous la peinture pour votre loisir ou en tant que professionnel ?
Alexis Le Borgne : Professionnel depuis désormais 3 ans et demi, à la sortie de mes études en design graphique (pour être autonome dans la communication par la suite) en fin de compte.... J’avais déjà un réseau solide de part les expositions que j’ai pu faire dès l’âge de mes 14 ans. C’était ça ou rien !

RankArt : Quel a été le parcours professionnel et/ou artistique qui vous a forgé en tant qu’artiste ?
Alexis Le Borgne : J’ai réalisée ma première exposition personnelle en 2011 au CFAI de Plérin grâce à la maman d’un pote, j’étais alors en 3ème au collège. Puis j’ai commencé à faire des foires aux peintres et à remporter des prix du public en 2012. Ensuite sont arrivés mes premiers salons régionaux en 2013/2014 où j’ai pu passer les sélections ce qui m’aidait à situer mon niveau. Dans la foulée j’ai commencé les concours en plein air via l’association Couleurs de Bretagne (que je conseil !) et à être récompensé en partant des 16-18 ans pour atteindre l’ultime catégorie des «cartes blanches». 2015 > 2017 ont été les années de concours nationaux et internationaux d’aquarelle et de pastel, j’ai pu gagner en maturité et en exigence très vite grâce à eux. Et de 2018 à 2019 c’est un peu l’explosion et le décollage d’une carrière notamment grâce aux articles dans les magazines (en couverture 2 fois dans le même mois !), dans la presse, les différentes interviews, les prix de haut niveau, les stages et le fait de travailler (tests) avec des fournisseurs et de nombreuses marques de matériel pour artistes. Chaque année a été le fruit d’un renouvellement perpétuel dan la technique mais également le sujet. Mais ce qu’il faut retenir de tout cela, c’est avant tout les rencontres exceptionnelles faites au fil des années, une véritable toile d’araignée que l’on tisse où chaque fil se relie. Il faut travailler plein d’aspects : la communication, la logistique, la production, son réseau, les expositions... D’où l’importance d’être sociale et de bousculer les occasions. Car si au début on sollicite pour être exposé, c’est bien souvent l’inverse qui se produit arrivé à un stade de la progression, et à ce moment là, on peut lancer une carrière.
Travailler avec passion, ne jamais se décourager, rester humble et ne pas oublier d’où l’on vient, et toujours vouloir apprendre... Car c’est un apprentissage éternel, rien n’est inné !

RankArt : Pourquoi avoir choisi la peinture comme mode d’expression plutôt qu’un autre ? Quel a été le déclic ?
Alexis Le Borgne : Et bien j’ai toujours dessiné et peint étant petit, on m’a toujours encouragé d’ailleurs. Les activités à l’école étaient très artistiques avec beaucoup de réalisations picturales. Mais un jour vers l’âge de mes 7-8 ans, je flash sur un livre de Van Gogh et l’achète avec ma maman. J’ai passé énormément de temps à observer et à recopier à la gouache ses peintures, comme une fascination... Je ne saurais expliquer davantage ! Même s’il m’arrive de sculpter de temps en temps pour moi, j’ai cette sensation de liberté, d’expression et d’épanouissement unique quand je peins.

RankArt : Votre vie et ses étapes influencent-t-elles votre art et de quelle manière ?
Alexis Le Borgne : Je ne me rends pas bien compte, mais bien sûr que cela influence la production. J’ai pour habitude de travailler sur un an, une faiblesse technique en particulier. Quand j’ai des périodes où tout se passe pour le mieux la production à une véritable hausse en terme de réussite et de quantité, à contrario, quand j’ai connu le départ de mon grand-père mes productions étaient plus tristes avec des fleurs fanées ou des bougies éteintes... De même pour celui de ma maman plus récent, un net arrêt de la production puis une envie de voyage et de renouveau. De là je suis passé du «peintre», à l’illustrateur avec la création de paysages imaginaires et de mise en scène à la manière d’un cinéaste, une envie de rêve, comme pour se mettre dans une bulle peut-être. Vous  savez je prends l’exemple d’un arbre fruitier imaginons, la santé de l’arbre jouera sur sa capacité produire des fruits en qualité et en quantité. Je pense que chez l’homme c’est exactement la même chose !

RankArt : Comment définiriez-vous votre travail artistique ? Que dites-vous de vos œuvres à quelqu’un qui n’a jamais vu une de vos œuvres ?
Alexis Le Borgne : Avant tout expressif, entre la figuration et l’abstraction, parfois impressionniste, tourné vers le passé et à la fois l’avenir, entre l’ancien et le contemporain... Car si parfois on pense que c’est un travail réaliste, certes, mais on s’aperçoit au final très vite que tout ceci n’est qu’un jeu de tâche juxtaposées et de masses claires et sombres où le détail n’est présent que dans les zones d’importance: un visage, une expression, un geste, un regard, un moment... J’essaye de donner un sens à ces tâches et c’est ensuite au spectateur d’imaginer le reste. Mais ces dernières années, en passant plus dans la création de A à Z et la mise en scène de personnage, je suis plus centré sur l’histoire que la peinture raconte et ce qu’elle dégage. J’ai trouvé mon équilibre entre la technique l’histoire et l’émotion, «le lâché prise».

RankArt : Pourquoi ces choix de sujet, de technique, de style ?
Alexis Le Borgne : Comme chaque année j’aime me renouveler pour mon plaisir et celui des gens qui découvrent chaque fois une nouvelle facette de mon travail, mais tout en gardant mon «langage visuel», car je n’ai pas réellement d’univers ni de sujets préférés... Je suis un peu un couteau suisse ! Je peux traiter n’importe quel sujet avec n’importe quelle technique. C’est une histoire de perception, de sensibilité et de langage visuel du monde qui nous entoure, et propre à chacun. Chaque technique aussi bien l’huile, que l’aquarelle ou l’acrylique, le numérique et le pastel, va compléter l’autre. Elles apportent toutes leur pierre à l’édifice et permettent de ne pas me renfermer dans un processus.
Concernant le sujet cela dépend... Ces derniers temps, les scènes de personnages (que je détestais faire, mais qui me fascine) sont le fruit de 9 ans de peinture (théorie/pratique) quotidienne. Elles sont également la transposition de certains souvenirs étant enfant, elles ont toutes une histoire à raconter. Mais parfois je travaille également par thématique comme le mouvement, le sport, le milieu militaire... Chaque sujet va apporter son lot de connaissances, de défis, et enrichir le peintre.

RankArt : Qu’est ce qui, de façon générale influence votre peinture (peintre, cinéma, musique, auteur…) ?
Alexis Le Borgne : Belle transition avec la question précédente, et bien tout ! Je suis curieux et j’aime me nourrir de tout aussi bien visuellement, qu’auditivement et gustativement... ! Sans cesse vouloir apprendre dans différents domaines. Je pense que tout est lié, la peinture est un langage universel et je pense que tout peut se rapporter à elle. Je dis souvent que la peinture fonctionne comme la musique avec du rythme, du silence à certains moments et d’autres plus agités... Ou comme la cuisine, un jeu d’équilibre, de contrastes subtils entre la matière et les couleurs, la présentation et le choix de ses ingrédients. Mais pour autant je suis meilleur peintre que cuisinier !

RankArt : Quel est le point de départ d’un tableau, la genèse d’une œuvre (un schéma, une image, le hasard, l’imagination seule, un peu de tout ça…) ?
Alexis Le Borgne : Désormais depuis 4 ans, tout passe par ma tablette graphique et mon stylet en numérique, reliée à Photoshop où je peins. C’est une sorte de cahier de brouillons où je peux créer à l’infini sans utiliser de matière ni de support. Cela fonctionne comme en traditionnel finalement, un bon complément. Bien souvent ça part d’une idée ou d’un souvenir, que je couche sur la feuille blanche de mon ordinateur. Je décline ensuite l’esquisse en 5-6 versions différentes (cadrage, pose, lumière...) Toujours en noir et blanc pour le jeu de valeurs et de lumière. Puis je passe ensuite en couleurs pour une version aboutie et au final, sur la toile ou sur papier en traditionnel une fois que tout est bon. Pour certaines illustrations je peux passer des heures à me documenter sur un thème ou un sujet, puis je crée ensuite ce que j’ai en tête.


RankArt : Avec quel peintre d’hier auriez-vous aimé vous entretenir ? Et pourquoi ?
Alexis Le Borgne : Sans nul doute avec Léonard de Vinci ! Il était bien plus qu’un Artiste, c’était un puits de science. Et cette démarche à l’époque de connaître sur le bout des doigts son sujet afin de pouvoir le peindre, tout ce travail immense de documentation en amont... Et puis il est sans nul doute la preuve que la peinture n’est pas un don, mais un travail de longue haleine, et ce dans bien des domaines quand on s’y passionne.

RankArt : Et parmi vos contemporains ?
Alexis Le Borgne : Je ne sais pas... Il y a plein d’artistes que j’aime beaucoup, bien souvent quand je les rencontres c’est par le biais de salons et là, l’émotion est encore plus forte, surtout quand on se parle sur les réseaux mais que l’on ne s’est jamais rencontré.

RankArt : Pouvez-vous nous citer un tableau que vous rêveriez de voir en vrai ? Pourquoi ce tableau ?
Alexis Le Borgne : Rêver, je ne sais pas, car toujours peur d’être un peu déçu, mais que j’aimerai voir, ce serait «La maison jaune à Arles» de Van Gogh, afin de boucler la boucle. Je ne sais pas combien de fois j’ai pu la recopier étant enfant... Je suis passé devant une fois lors d’une visite dans la ville, et c’était très bizarre comme sensation, même si la petite maison n’y était plus.

RankArt : Selon vous, à partir de quel moment un peintre, un photographe, un musicien… devient un artiste?
Alexis Le Borgne : Arg, question difficile et presque philosophique... Je pense qu’on devient un Artiste seulement vers la fin d’une vie. Cela peut paraître pas très enthousiaste, mais regarder tout le chemin parcouru, l’ensemble du voyage avec ses aléas depuis ses débuts jusqu’à son «accomplissement» si je puis dire (même si une vie de suffit pas), pouvoir retracer chaque moment important, chaque évolution, doit être d’une grande satisfaction. C’est un peu une quête.
Après, professionnellement parlant, avoir une vie d’artiste est un choix... Celui de la liberté à la sécurité. Mais cela n’a pas de prix ! Mais à un sens moindre du terme, je pense qu’on devient artiste quand on trouve un sens à son art, à son existence à travers l’art. Quand on fait ce qui nous ressemble, ce qu’il y a de plus sincère en nous. Lorsque les gens sont capable de ressentir toute votre âme à travers votre travail.

RankArt : Quelle est l’exposition d’un autre artiste qui vous a le plus marqué ?
Alexis Le Borgne : C’était à mes débuts, celle de David Chauvin quand il était invité d’honneur au salon de l’aquarelle à Montgermont en 2013. Je n’arrêtais pas de lire ses articles dans les magazines d’arts et je me demandais comment il arrivait à saisir et à apprivoiser la lumière aussi bien avec un peu d’eau et des pigments. Voir cette exposition en vrai a été un moment fort, d’autant plus que David était de permanence avec moi le même jour ! Nous avons donc pu échanger longuement.

RankArt : Quel est votre plus fort souvenir d’exposition personnelle et pourquoi ?
Alexis Le Borgne : Tout simplement l’accrochage de ma première exposition personnelle au CFAI de Plérin en 2011 et où toute la famille et les amis étaient présent. Je me souviens encore que je n’avais pas de cartes de visite à l’époque et on a dû les imprimer et les découper la veille du vernissage !

RankArt : Artistiquement parlant, y a-t-il un rêve que vous n’avez pas encore réalisé ?
Alexis Le Borgne : Hum j’en ai réalisé 2 déjà sur les 3 principaux, mais le 3ème c’est pouvoir peindre en plein air à travers le monde avec mes amis peintres, qui est en cours de réalisation d’ailleurs ! Le reste, c’est du bonus comme on dit.


RankArt : Quelle est votre actualité artistique ? Quels sont vos projets artistiques ?
Alexis Le Borgne : L’actu en ce moment, et bien j’ai eu l’énorme chance de faire 2 fois en même temps, la couverture de magazines au mois de septembre, la 3ème a faillit mais ils se sont aperçus à temps.
Je suis rentré il y a 2 semaines de la caserne du GIGN à Versailles pour une remise officielle de 12 acryliques sur papier que j’ai réalisé pour l’unité d’élite (visibles sur mon site). Suite à ça, des commandes à réaliser au sein des pompiers et de la gendarmerie et de l’armée. Je prépare 2 semaines avec les amis pour aller peindre en Irlande pour 2020. Un salon à préparer comme invité d’honneur pour début novembre à St-Brieuc (22). 4 Salons comme invité d’honneur pour 2020 également en aquarelle et en pastel. Une expo à la propriété Caillebotte avec les Pastellistes de France. Et puis plein d’autres expositions et concours à préparer pour les prochaines saisons à venir. Quelques stages de peinture, cours adultes. Quelques illustrations pour le jeu vidéo au passage et la réalisation d’un ouvrage personnel sur la création d’un univers SF (texte, histoire + illustrations). Invité pour une future croisière des Arts également en 2020 par un magazine ;) !


RankArt : Pour se faire une idée de votre personnage de façon plus général, j’aime bien soumettre à nos artistes invités les questions un peu naïves du thème de l’île déserte…
-Sur une île déserte vous emportez…
*Quel film ? Hum... Ready Player One évidemment !
*Quel livre ? Un guide de survie.
*Quelle musique ? Varúð de Sigur Rós pour chiller allongé sur la plage, autour d’un bon feu de camps les yeux rivés sur les étoiles !
*Quel objet ? Une machette tactique.
*Lequel de vos tableaux ? Ah ! Sans hésiter ma préférée, que je garderai à vie : «Avec Ninou»

RankArt : Quel voyage aimeriez-vous encore faire ?
Alexis Le Borgne : Le tour du monde tant qu’à faire ! Mais une destination où je pourrais retourner sans cesse... Le Vietnam, retour aux sources...

RankArt : Quelles étaient vos ambitions d’enfant pour votre vie d’adulte ?
Alexis Le Borgne : Avoir une vie d’artiste, être libre et savourer chaque bon moment de la vie, je peux dire que ce rêve est réalisé ! Découvrir le monde.

Merci Alexis !
Retrouvez Alexis Leborgne sur son site Web et sa page Facebook.

Last modified: 10/31/2019